26 avril 2008
Et je dirais même plus
Après une délicieuse soirée pendant laquelle chacun ne pouvait être plus à sa place qu'il ne l'était déjà (une Babette dans les bras de sa mère et toute sa famille dans nos pensées, une rouquine avec nous, un petit tariquet et des rillettes de thon, des heures, des rires et des confidences, des enfants endormis)...
Suite à certains com', après avoir répondu à chacun en privé, je rajouterai à mon message précédent cette question magistrale (qui m'a moi-même beaucoup interpellée/bousculée/habitée/motivée à changer, quand je me la suis posée pour la première fois il y a quelques année):
Si l'image que les autres ont de moi ne correspond pas à ce que je sais de qui je suis... que leur ai-je donc donné à voir jusqu'à ce jour pour qu'ils aient cette idée de moi?
Bonnes réflexions à vous!
24 avril 2008
De la question de la place
Je ne sais pas si je l'ai déjà dit ici, j'accorde une très grande importance à la notion de place.
Dans mon travail c'est un point crucial, à tout moment. Pour moi-même rester à ma place, savoir d'où je parle, et pour inviter l'autre à partir à la découverte de sa place.
Dans ma vie j'y pense souvent aussi.
Si je ne me sens pas très à l'aise, il me suffit d'évoquer la notion de place pour que rapidement (maintenant que ma petite gymnastique mentale est rodée) j'ai une petite idée de ce qui cloche. Parfois il me suffit d'ajuster un poil mon état d'esprit et je me sens toute suite mieux, parfois je me rend compte que je ne parle pas de là où je devrais, parfois que les autres attendent de moi quelque chose qui ne me va pas si je veux être moi, parfois que je n'ai rien à faire ici, ou rien à dire, et tout de suite en partant ou en me taisant, je vais mieux,...
Qu'est-ce qui entre en jeu dans la notion de place?
Toute ces questions là:
- Où suis-je dans le temps? : quel jour, quel âge, quel moment de ma vie, quelle heure, quelle génération dans ma généalogie, quelle position dans ma fraterie, quelle tranche d'âge dans la société?
Comment est-ce que je m'y sens, est-ce que je me sens vraiment là où je devrais être, là où les autres pensent que je suis? Comment revenir à et/ou accepter ma place?
- Où suis-je physiquement? : à quel endroit, dans quel pays, dans quelle pièce, en présence de qui, dans quelle attitude, dans quelle sensation?
Y a t-il une place pour moi ici? Qu'est-ce que je fais là? Est-ce que cela a du sens?
- Quelle est ma relation à l'autre présent? : mère, épouse, amante, amie, fille, soeur, filleule, nièce, marraine, tante, petite-fille (à non, ça c'est fini), cousine, copine, inconnue, psychologue, collègue, voisine, connaissance, cliente, patiente?
Est-ce ma relation réelle ou ma relation symbolique?
- Qui est l'autre présent, cet unique?
Et qui est-il pour moi?
- En fonction de tout cela, quand je m'exprime suis-je à ma juste place dans la façon dont je le fais? quand je ressent une émotion, qui en moi la ressent? Est-ce que j'assume d'être à cette place?
C'est une réflexion que j'aime bien.
Par rapport à ce blog je me la pose aussi.
Qui parle ici? Cet espace est-il totalement le mien? Qu'est-ce que je viens partager ici? Suis-je hors temps dans ce monde "virtuel" qui mange du temps? Suis-je dématérialisée alors que je laisse des photos?
Je crois que pour moi dans le fait de faire vivre un blog il y a la notion de laisser (le mot est mal choisi, ce n'est pas pour la pérennité, mais je n'en trouve pas d'autre) une trace de soi.
Exister de façon accessible, sans tout dévoiler.
Paradoxe de la pudeur peut-être, nécessaire protection pour moi-même.
Partager, parfois beaucoup, sans être intime. Tant qu'on ne s'est pas rencontré en tout cas.
08 avril 2008
C'est fou
- Ce que le temps passe : Je suis désolée d'être si peu présente en ce moment. Croyez bien que je vous lis, quand je peux, même quand moi-même je n'écris pas. Je me demande bien comment je vais faire si je dois tenir ce rythme encore 35 ans. Un jour chassant l'autre sans doute.
Mes 4 garçons sont bien mignons, chacun grandit là où il en est. Les grands (8 ans 1/2, "grands"!) deviennent philosophes parfois, même si le petit garçon qui sommeille toujours en eux se réveille pour de belles batailles de guili, ou dans des goûters dans l'herbe du jardin autour d'un champignon. Le cadet, du haut de ses 5 ans, est déjà si sûr de lui passé le petit-déjeuner, mais a encore si besoin de câlins tout grognon du matin qu'il est. Quant au petit dernier, rendez-vous compte bientôt 10 mois, déjà si bavard, si intéressé de tout, toujours aussi tendre, et si impatient de se déplacer , mais qui ne se résout pas à le faire à 4 pattes.
Les semaines se succèdent les unes aux autres, et passe le temps qui éloigne de la dernière fois qu'on a vu untel, eu unetelle au téléphone... et toujours cette impression de ... "quoi? on est déjà le 8 mars avril?!". Avec mon chéri on voit les week-end filer si vite. On essaie de se créer des bulles familiales. Mais c'est toujours aux dépends de renouveller des rencontres. Logique.
- Ce que la vie est dure parfois: Je sais que mon métier m'expose à une certaine morosité, mais d'habitude les soucis de ma vie s'accumulent moins en parallèle, et je tiens assez bien le coup. Depuis quelques temps je perds un peu le sommeil.
Je ne deviens pas totalement insomniaque mais je ne m'endors pas bien, je somnole très très longtemps. Mon cerveau refuse de débrancher, trop de chose à penser et des heures pour le faire sans s'activer à gérer le quotidien ou les rendez-vous. Pourtant un certain nombre de choses s'arrangent, à force, mais beaucoup d'incertitudes perdurent, et puis il y a sans doute un effet contre-coup.
Il faut dire que je suis quelqu'un de très "empathique". Je ne me lance pas des fleurs ou quoique ce soit de ce genre, c'est quelque chose que je sais de moi. C'est une vertu parfois, cela m'expose aussi. Si je sais -plutôt- me distancer de l'histoire des autres c'est parce que j'ai appris à le faire pour exercer correctement mon métier et pouvoir l'exercer longtemps. Je donne une grande importance au fait d'être à sa place dans la vie, pour vivre comme pour s'exprimer. Il n'empêche que ces histoires me touchent, m'affectent, je m'inquiète pour les autres. Même si j'ai toujours hyperconscience qu'ils ne sont pas moi, que leur histoire n'est pas la mienne, et ce même si la mienne y ressemble.
Alors tous ces couples qui trinquent, toutes ces personnes qui sont malades, ces patients qui souffrent et que j'accompagne, et ces problèmes de travaux qui n'en finissent pas... vivement les 2 ponts du mois de mai!
- Ce que l'amour c'est beau, ce que la vie c'est fort! (chéri vient de rentrer, je file en profiter!)
04 avril 2008
Rendez-vous blanc
Dimanche 6 avril à 14h30. Dans de nombreuses villes en France.
Place du Capitole pour les toulousains, habillés en blanc. Le parcours n'est pas très long, et donc très faisable en famille.
Ce sera la marche blanche.
Parce que quand il y a de la vie il y a de l'espérance.
Plus d'info là:
Une mobilisation historique
http://www.agirpouringrid.com/
(sur cette dernière page je vous recommande tout en bas, la vidéo de la conférence de Lorenzo).
30 novembre 2007
Savoir s'arrêter
Ma vie m'accapare beaucoup ces derniers temps, entre le travail qui me passionne toujours autant, et la vie de famille plus que pleine avec un mari préoccupé au boulot et 4 petits garçons qui vivent aussi mille choses, sans parler des impératifs logistiques que requiert une telle maisonnée.
En ce moment je cherche des petits moments propices pour rester en contact avec le reste: les amis, la famille élargie, le blog, moi toute seule, mais ça n'est pas évident à trouver.
C'est presque comme rechercher des crevettes dans les petites flaques quand la mer s'est retiré, on n'en trouve pas beaucoup, la pêche est maigre, mais on continue!
Certaines occasions parfois vous obligent à vous arrêter dans le tumulte et à ce que ces petits moments deviennent la priorité. Ils n'en restent pas moins trop fugaces, mais ils ont comptés.
C'est à cela que j'ai pensé hier, quand je me suis retrouvée là, derrière la barrière du chemin de fer.
Un grand oncle qui meurt, le tout dernier de sa génération. Le célibataire de 92 ans dont personne n'a un souvenir négatif, l'homme qui va manquer à tous, le discret qui compte pour chacun. Prendre le temps d'appeler mon parrain dont c'était le parrain. Mon parrain célibataire de 59 ans, qui compte pour chacun, et surtout pour moi.
Et puis, beaucoup plus léger, la sieste de Didou en ce moment, qui me fait me poser, et bloguer un peu, enfin.
edit du déjeuner:
Et puisque Didou dort vraiment beaucoup (waou!), avant qu'il ne se réveille, voici pour vous faire admirer...
les petites merveilles tricotées pour lui par sa marraine d'amour , qui sont arrivées hier par la poste dont elle avait enfin trouvé le chemin.
Tout beaux, tout doux.
Merci Listelle de t'être accrochée pour le montage! (et Merci à toutes celles qui l'ont aidée si elles me lisent). La très bonne surprise: c'est encore un peu grand pour l'instant et il va pouvoir les porter très longtemps. ... Et ça va super bien aller avec des petites baskets trouvée sur *bay et arrivées le même jour!
04 octobre 2007
free burma
Des blogueurs dans le monde entier préparent une action pour supporter la révolution pacifique en Birmanie. Il s'agit d'exprimer sa solidarité avec tous les Birmans qui se révoltent sans armes contre la dictature. Les blogueurs sont invités à ne pas alimenter leur blog pendant la journée du 4 octobre, en ne publiant qu'un seul billet avec le texte “Free Burma”.

30 janvier 2007
Au fil de la vie...
Au fil des événements, échanges, et tergiversations de ma vie, jai acquis une certitude quasiment inébranlable: l'amour, le bonheur, l'amitié, ne sont pas des dûs, mais des dons.
Cela les rends précieux comme peu d'autres choses.
Et cela rend leur absence douloureuse à n'en pas trouver les mots.
Mais cela a d'autres incidences.
Cela interdit de crier à l'injustice quand on ne les a pas. On ne peut exiger un don. On ne peut demander réparation d'un cadeau que l'on n'a pas reçu.
Cruels spectacles que l'amour, le bonheur et l'amitié pour celui qui ne les a pas reçu! Comment ne pas pester de se sentir si pauvre quand d'autres sont gâtés et comment ne pas enrager de ne pourtant pas pouvoir l'obtenir en le réclamant!
Je n'ai pas le droit de dire quelle est la valeur de la vie, ni même la valeur de ma vie.
Je peux tenter de dire la valeur que la vie a pour moi.
Mais comment exiger d'un autre qu'il trouve à la vie la même valeur ?
Dur labeur que celui d'aider autrui à définir la valeur qu'il donne lui-même à la vie, quand on veut lui laisser sa liberté.
Pour quoi faire?
Pour lui donner l'occasion, peut-être, de trouver une raison de poursuivre le chemin.
Qui sait? Ce qui n'a pas encore été donné... le sera peut-être demain?
31 octobre 2006
Non
Je ne fête pas Haloween.
Non.
Titou regrette un peu et me fait répéter inlassablement pourquoi.
Je suis attachée à la Toussaint. Nous sommes attachés à la Toussaint.
Je ne veux pas célébrer faussement une fête faite de monstres gore, de sorcières, de faux-sang, de vampires et de squelettes.
Je ne veux pas.
Cela ne correspond pas avec mes valeurs. Je veux vivre en cohérence avec elles.
Je veux pouvoir tenir sur mes valeurs face à mes enfants. Ils ne manqueront pas de les questionner maintes fois de plus en plus en grandissant. Je ne refuse pas de les remettre en cause et de tester leur validité ou leur solidité à l'occasion.
Mais Haloween et son cortège commercial, que nul ne sait comment justifier de façon crédible, ça non. Pas chez moi. Et non, je ne distribuerai pas de bonbons aux voisins s'ils sonnent. Tant pis si je deviens madame rabat-joie.
Je préfère m'attacher à rendre hommage à mes/nos proches défunts, à retoucher au poids de leur passage dans mon/notre histoire, à raconter à mes enfants l'histoire de nos familles et leur commenter leur arbre généalogique, à leur expliquer ce qu'est une génération, à leur communiquer ce qui nous a été transmis, leurs conter les drames et les joies de nos traditions.
Je préfère leur transmettre l'idée qu'ils ont une place qui leur est tout entière et qu'elle a du sens pour ceux qui ont été, sont et seront.
Je préfère, oui, les emmener à la messe et leur dire que la Toussaint signifie "tous les saints", et tenter de leur expliquer ce qu'est un saint.
Je préfère qu'ils retiennent qu'à ce moment de l'année nous rendons hommage aux morts, que nous respectons. Sans les singer, sans faire l'autruche.
13 octobre 2006
pink
Une petite ode perso, sans consigne pour changer:
"légèreté"
Les jupes plissées
les draps froissés
les p'tites culottes
en boule par terre
les oreillers
tout malmenés
les portes-jaretelles
ont la part belle
ils sont posés
ils sont pliés
bien proprement
bien joliment
sur l'accoudoir
de son boudoir.
Lulu la Luciole
12 octobre 2006
Chose promise...
...Chose dûe.
A partir d'aujourd'hui je recommence à vous livrer mes exercices littéraires à partir des consignes de Coumarine (Vous trouverez la photo assortie à la consigne sur son blog Paroles Plurielles):
***
Consigne 8 : commencer par « Elle attend, mais elle ne sait plus trop ce qu’elle attend depuis le temps ».
« Maladivement » (Lulu la Luciole)
Elle attend, mais elle ne sait plus trop ce qu’elle attend depuis le temps. Ella a l’impression de vivre dans une salle d’attente depuis toujours.
Attendre que maman sorte de la salle de bain, attendre un regard de papa quand il mange, attendre une invitation à n’importe quel anniversaire, attendre une danse, attendre une compliment.
Attendre même dangereusement un train le soir seule sur le quai noir. Attendre qu’on l’agresse pour qu’il se passe quelque chose. Vie creuse et morne, vie sans saveur, vie sans vitesse, vie sans parfum. Impression d’être née de rien, pour rien, sans raison, sans élan et sans impulsion. Impression d’être venue à la vie par hasard, sans être le désir ni la réponse à un besoin pour personne. Impression qu’il faut vivre malgré soi, parce que les heures passent et qu’on est là. Pas de but pas de terme, pas de motivation. Une fin annoncée mais pas de moyen de savoir quand, et pas de goût ni d’idée de comment anticiper ça.
Elle attend, elle a tellement l’habitude d’attendre qu’elle ne sait même plus quoi. Les médecins la prennent toujours en retard, ça se voit qu’elle a tout son temps. Les hommes la prennent sans égards, elle n’a rien a donner, elle attend que ça passe.
On lui dit « attends-moi là ». Elle y va et elle attend. Parfois on l’oublie là. Et cette fois ?
***
Bon je sais c'est pas très gai...








