carambole

Parce que la vie de chaque jour est parfumée à sa façon, pour partager les épices de la vie, pour les jours graves et pour les jours joyeux, un blog coloré et espiègle le plus souvent possible... par Lulu la Luciole.

24 avril 2008

De la question de la place

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Je ne sais pas si je l'ai déjà dit ici, j'accorde une très grande importance à la notion de place.
Dans mon travail c'est un point crucial, à tout moment. Pour moi-même rester à ma place, savoir d'où je parle, et pour inviter l'autre à partir à la découverte de sa place.
Dans ma vie j'y pense souvent aussi.

Si je ne me sens pas très à l'aise, il me suffit d'évoquer la notion de place pour que rapidement (maintenant que ma petite gymnastique mentale est rodée) j'ai une petite idée de ce qui cloche. Parfois il me suffit d'ajuster un poil mon état d'esprit et je me sens toute suite mieux, parfois je me rend compte que je ne parle pas de là où je devrais, parfois que les autres attendent de moi quelque chose qui ne me va pas si je veux être moi, parfois que je n'ai rien à faire ici, ou rien à dire, et tout de suite en partant ou en me taisant, je vais mieux,...

Qu'est-ce qui entre en jeu dans la notion de place?
Toute ces questions là:
- Où suis-je dans le temps? : quel jour, quel âge, quel moment de ma vie, quelle heure, quelle génération dans ma généalogie, quelle position dans ma fraterie, quelle tranche d'âge dans la société?
Comment est-ce que je m'y sens, est-ce que je me sens vraiment là où je devrais être, là où les autres pensent que je suis? Comment revenir à et/ou accepter ma place?

- Où suis-je physiquement? : à quel endroit, dans quel pays, dans quelle pièce, en présence de qui, dans quelle attitude, dans quelle sensation?
Y a t-il une place pour moi ici? Qu'est-ce que je fais là? Est-ce que cela a du sens?

- Quelle est ma relation à l'autre présent? : mère, épouse, amante, amie, fille, soeur, filleule, nièce, marraine, tante, petite-fille (à non, ça c'est fini), cousine, copine, inconnue, psychologue, collègue, voisine, connaissance, cliente, patiente?
Est-ce ma relation réelle ou ma relation symbolique?

- Qui est l'autre présent, cet unique?
Et qui est-il pour moi?

- En fonction de tout cela, quand je m'exprime suis-je à ma juste place dans la façon dont je le fais? quand je ressent une émotion, qui en moi la ressent? Est-ce que j'assume d'être à cette place?

C'est une réflexion que j'aime bien.

Par rapport à ce blog je me la pose aussi.
Qui parle ici? Cet espace est-il totalement le mien? Qu'est-ce que je viens partager ici? Suis-je hors temps dans ce monde "virtuel" qui mange du temps? Suis-je dématérialisée alors que je laisse des photos?
Je crois que pour moi dans le fait de faire vivre un blog il y a la notion de laisser (le mot est mal choisi, ce n'est pas pour la pérennité, mais je n'en trouve pas d'autre) une trace de soi.
Exister de façon accessible, sans tout dévoiler.
Paradoxe de la pudeur peut-être, nécessaire protection pour moi-même.
Partager, parfois beaucoup, sans être intime. Tant qu'on ne s'est pas rencontré en tout cas.

Posté par lulu la luciole à 12:14 - il m'arrive de penser - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

voilà, c'est ça. exactement ça.
je t'embrasse

Posté par d-day, 24 avril 2008 à 15:03

J'aime beaucoup ta réflexion du jour, qui n'est -semble-t-il - pas de ce jour mais de tous les jours.

Et tu vois, il y a des moments où j'aimerais te parler depuis une place qui n'est pas la mienne et je me l'interdis évidemment. Tu me suis ou pas ?

Je t'embrasse bien fort.

Posté par telle, 24 avril 2008 à 21:12

Pfiou, qu'est ce que je suis contente de t'avoir rencontrée toi alors ! Je vais me poser la question, les questions, de "ma" place, c'est vraiment une belle et bonne question... Ca me laisse muette pour une fois, tu m'as rabattu le caquet !

Posté par Pouic Pouic, 25 avril 2008 à 00:59

Plein de questions auxquelles tu apportes quelques réponses. mais des questions importantes: la place...et la trace! Pour le blog, c 'est je pense une sorte de journal ou l' on expurge un peu l' intime pour se concentrer sur l' action en un instant T. Nous seules en le lisant pouvont y déchiffrer l' état de notre esprit à ce moment là. Mais c 'est du lien vers l' inconnu et malgré tout tranparaissent des affinités immédiates ou des "allergies" mal raisonnées. C'est pour cela que j' aime le blog!

Posté par Muriel, 25 avril 2008 à 07:43

Hummm... bonne réflexion... ça me parle...

Posté par damocamelia, 25 avril 2008 à 13:45

Très enrichissant ce billet !
Mais quand on ne se trouve pas à la bonne place ...
On fait quoi ?
mercredi prochain, grande première pour moi
Un peu d apréhension ... mais démarche très réfléchie ... je vois une conseillère conjugale ...
c est justement parce que je me pose bcp de questions
j espère qu elle m'aiderait à apporter des réponses
J ai 33 ans de vie commune et 29 ans de mariage ...

Posté par marijo, 25 avril 2008 à 13:58

Je découvre ton blog par ton comm sur le mien (merci !), et ça commence fort !
Alors je rajouterai la question de la place qu'on occupe dans la stratification sociale : Plus précisément, de quelle classe on provient et où on se trouve. Bourdieu a développé la notion d'hystérésis pour nommer le sentiment de décalage de celui qui ne se sent pas 'à sa place' dans l'endroit qu'il occupe dans l'espace social. Notion permettant de montrer la puissance des dispositions sociales inscrites dans l'habitus (individuel).

Et pour la pratique du blog, pratique hautement chronophage s'il en est, peut-on le considérer comme un endroit où on serait vraiment 'nous', loin des contraintes sociales, familiales et autres ? Dans quelle mesure on n'est pas dans l'illusion en pensant que se détacher de ces contraintes laisseraient émerger notre vrai 'moi' ? Ca sous-entend une vision assez essentialiste du 'moi', alors que je suis convaincue qu'il est profondément relationnel. Et pourtant, pour ma part, à part ma co-blogueuse - on écrit le blog à 2 - et mon ami, personne de mon entourage ne connait l'existence de mon blog. Enfin, on n'est pas à une contradiction près ! hé hé.

A bientôt !!!

Posté par kikizita, 25 avril 2008 à 15:57

... et tu poses aussi la question de l'écoute. Comment être là pour l'autre quand soi-même, on n'est pas là pour soi. Bref, des tas de questions ! Merci de nous faire penser à tout ça.

Posté par kikizita, 25 avril 2008 à 16:00

Fais-moi une place
Au fond d' ta bulle
Et si j' t'agace
Si j'suis trop nul
Je deviendrai
Tout pâle, tout muet, tout p'tit
Pour que tu m'oublies

Fais-moi une place
Au fond d' ton cœur
Pour que j' t'embrasse
Lorsque tu pleures
Je deviendrai
Tout fou, tout clown, gentil
Pour qu' tu souries

c'était la place de la minute musique romantique.
Bisous

Posté par claire, 25 avril 2008 à 21:35

On à beau réfléchir à la place que 'l'on se donne, mais c'est en vain parce que l'on vous place là ou l'on ne devrait pas être...

Posté par Beautiful things, 26 avril 2008 à 22:01

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